Une baisse sensible des prix immobilier. Tel est l’objectif du gouvernement, annoncé par Mme Duflot, Ministre chargée du logement et de l’égalité des territoires.

 

La situation en France et dans les pays voisins

Le gouvernement s’appuie sur une étude menée à l’occasion de la préparation du budget 2013 (accéder à l'étude). Elle montre que les prix immobilier en France ont fait plus que doubler sur les quinze dernières années. La situation était d’ailleurs la même au Royaume-Uni ou en Espagne, du moins jusqu’à la crise. Depuis, ces pays ont entrepris une réflexion visant à réduire la « bulle immobilière » et la France entend s’en inspirer. Elle prend surtout pour modèle l’Allemagne, où les prix sont restés quasiment stables sur la période concernée par l’étude. Certains économistes voient dans cette stabilité des prix du logement un moteur de l’investissement et l’une des clés de la réussite économique de l’Allemagne.

 

Pourquoi le gouvernement souhaite voir changer la situation

Si le gouvernement souhaite mettre un terme à ce que certains appellent  « bulle immobilière »  en France, c’est qu’il y voit l’une des causes de la mauvaise situation économique de notre pays. Les prix immobilier auraient un impact négatif sur la croissance. Les raisons ne sont donc pas que sociales, même si, bien évidemment, le prix élevé des logements contribue à augmenter les inégalités entre les Français.

Mais la situation immobilière contribue surtout, selon les économistes de Bercy, à dégrader la compétitivité des entreprises. Ces dernières doivent en effet augmenter les salaires pour permettre à leurs employés de se loger. Les difficultés à trouver un logement adapté à ses moyens contribuent aussi à freiner la mobilité nécessaire à une économie en bonne santé. Enfin, l’investissement immobilier et le remboursement des crédits absorbent une grande partie de l’épargne qui aurait pu être injectée dans le financement des entreprises.

Des arguments écologiques sont également avancés, puisque l’augmentation des coûts de l’immobilier en centre-ville conduit à un étalement géographique des agglomérations, avec pour conséquence une augmentation de la pollution et la disparition progressive des terres agricoles.

 

Les mesures envisagées et leurs limites

Parmi les mesures gouvernementales figurent la loi de défiscalisation Duflot, plus contraignante que le Scellier, ainsi qu’un prêt à taux zéro repensé, avec des conditions plus strictes. Il s’agit aussi de drainer l’investissement immobilier vers la construction de logements dans les zones où la situation est la plus tendue.

Certains économistes soulignent les limites des mesures gouvernementales. Ainsi, en l’absence de placements vraiment rentables, l’épargne se réfugie actuellement dans l’investissement immobilier. De plus, lors des ventes, les propriétaires occupants attendent majoritairement des plus-values, ce qui ne contribue pas à la baisse des prix immobilier. Certains propriétaires préfèreront donc attendre des jours meilleurs pour vendre leur logement. La taxation plus values immobilières relevée mais également la hausse des prélèvements sociaux auront probablement un impact sur la volonté des investisseurs à acheter de l'immobilier en France. L’effet sur l’économie et la croissance pourrait alors être à contre-courant de celui escompté.

 

Il nous faudra plusieurs années pour apercevoir les effets, positifs ou négatifs, de ces dispositifs. En attendant je vous invite à donner votre opinion sur les mesures prises par le gouvernement pour abaisser les prix immobilier !