Pour les non-initiés, il n’est pas toujours facile de différencier le plot standard du plot autonivelant, car ils se ressemblent sur bien des aspects : même plastique, même vis centrale, même promesse de terrasse sans couler de béton. L’autonivelant, pourtant, a l’avantage de rattraper tout seul les irrégularités du support pour vous offrir une terrasse plane, sans cale à glisser dessous. Alors, comment différencier les deux ? La réponse se lit sur la tête du plot ou à son embase.

La différence tient à la tête du plot… ou à son embase

Le meilleur moyen de distinguer le plot standard du plot autonivelant est de regarder de près sa tête. Vu de profil, vous verrez que :

  • Le plot standard a une tête fixe parallèle à l’embase qui repose au sol. En dévissant/vissant, vous réglez la hauteur, mais ne pouvez pas gérer l’inclinaison. Résultat, sur un sol en pente, il est possible de rattraper un dénivelé en réglant chaque plot à une hauteur différente, mais chaque tête reste inclinée sous la dalle. La dalle, qui est parfaitement plane, ne touche donc plus la tête que par une arête au lieu de reposer à plat dessus. Tout le poids se concentre sur ces quelques points de contact, et c’est là que les dalles se mettent à bouger sous les pas.
  • Le plot autonivelant Jouplast présente une tête montée sur rotule ou sur pivot qui se met à niveau toute seule sous le poids de la dalle, puis se bloque dans cette position. En pratique, le plot rattrape jusqu’à 5 % de pente. Du fait de cette caractéristique, la tête épouse la dalle et non le sol.

Attention, toutes les marques ne rattrapent pas la pente de la même façon. Jouplast articule la tête du plot, quand Yeed place un disque autonivelant en forme de soucoupe sous l’embase. Le plot se met alors d’aplomb par le bas, et non par le haut.

Ce qui ne change pas d’un modèle à l’autre

Qu’il s’agisse du plot standard ou du plot autonivelant, chez Jouplast, les deux sont :

  • Faits en polypropylène, souvent recyclé. Cette matière résiste aux UV, au gel et aux températures de -30 °C à +60 °C.
  • Capables de supporter une charge lourde : les fabricants annoncent une tonne par plot au test d’écrasement. Il convient toutefois de noter que la terrasse sur plots est faite uniquement pour un usage piéton.
  • Équipés d’un écrou situé sous la tête que l’on tourne à la main pour un réglage au millimètre près. Sur la gamme Cleman, ce réglage peut aussi se faire à l’embout de vissage avant la pose, ou à la clé d’ajustement une fois les dalles posées.
  • Dotés d’ergots de tête servant d’écarteurs. Ils garantissent un joint régulier : 3 mm sur la gamme Essentiel de Jouplast, 4 mm sur la gamme Cleman. Ils sont sécables, pour obtenir une tête lisse aux endroits où la dalle ne doit pas être calée.
  • Réglables sur une large plage de hauteurs, avec rehausses possibles. Chez Jouplast, l’Essentiel standard couvre 8 à 230 mm (470 mm avec rehausses), quand son homologue autonivelant démarre plus haut, à 29 mm, et grimpe à 245 mm (485 mm avec rehausses). Même écart chez Cleman : 28 à 230 mm en standard, 40 à 230 mm en autonivelant, dans les deux cas 470 mm avec rehausses.

Pour rappel, les valeurs prises en référence ici sont celles du fabricant Jouplast. D’une marque à l’autre, les principes restent les mêmes, mais les chiffres changent. Chez Yeed, autre fabricant français, les plots standards et autonivelants sont également en polypropylène et compatibles avec une mise en œuvre selon les DTU 43.1 et 51.4. Ils dépassent eux aussi la tonne au test d’écrasement, se règlent au millimètre par une bague sous la tête et disposent de quatre écarteurs sécables de 3 mm. Les hauteurs, en revanche, s’échelonnent autrement, et pas de la même façon selon la version : de 8/20 mm à 150/260 mm pour les plots standards, de 50/65 mm à 175/285 mm pour les autonivelants.

Dans quel cas choisir l’un ou l’autre ?

Le critère principal qui doit orienter votre choix est la planéité réelle de votre support. Aussi, avant de faire vos achats, vérifiez si votre sol est plan ou en pente.

  • Le plot standard suffit sur un support plan et stable : le réglage à la bague permet d’obtenir une terrasse plane sur une dalle béton existante, une chape saine, un lit de gravier bien stabilisé et nivelé.
  • L’autonivelant est la solution sur un support irrégulier tel qu’une ancienne terrasse tassée de façon inégale, un gravier compacté qui ondule légèrement, ou un support conçu avec une pente de drainage. Au-delà de 5 % de pente en revanche, le plot ne rattrape plus rien : c’est le support qu’il faut reprendre.

Voici un autre facteur qui peut jouer sur le choix d’un modèle plutôt qu’un autre : selon les installateurs spécialisés, le surcoût des plots autonivelants se rattrape vite en heures économisées sur une grande surface. Et pour un bricoleur débutant, c’est une vraie marge de sécurité.

Panacher les deux : c’est permis, et même courant

Sachez qu’il est possible de combiner les deux types de plots. Jouplast le recommande d’ailleurs. Il préconise l’usage des plots autonivelants sur les zones irrégulières et des plots standards contre-façade pour stabiliser les dalles au niveau des seuils de portes et de portes-fenêtres, ainsi qu’en rive lorsque la finition latérale n’est pas prévue.

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